Qu attendez vous de la mort - par Georges Tripet

QU’ATTENDEZ-VOUS DE LA MORT?

par Georges Tripet

Les réponses qui peuvent être données à cette question me semblent être au nombre de quatre, à savoir:

1. La mort est un anéantissement total. Il n'existe rien après cette vie.

2. A la mort nous serons récompensés ou punis de nos actions terrestres. Nous irons donc au Ciel ou en enfer ou encore au purgatoire.

3. J’ignore absolument tout de ce qui se passe après la mort mais, à tout hasard, je me conduis aussi bien que je le puis.

4. La mort est une naissance à une autre vie plus lumineuse, comme la naissance sur le plan physique est la mort sur un autre plan.

Première hypothèse:

J’ai toujours pensé que celui qui, après s’être mis en position de méditation, après avoir lu, étudié, discuté de ces problèmes, arriverait à la conviction intime qu’il n’y a rien après la mort, que c’est la destruction totale et que, par conséquent, tous nos espoirs, toutes nos luttes, tous nos efforts, toutes nos peines, toutes nos souffrances mais aussi toutes nos joies, toute notre allégresse, tout notre enthousiasme, tout notre amour, toutes nos amitiés, équivaudraient à zéro, j’ai toujours pensé que celui-là ne pourrait qu’aller vers le suicide, car pour la majorité des êtres, il semble bien qu’à notre stade les difficultés soient plus nombreuses que les joies.

Et si l’on me répond qu'il y a des quantités d’etres qui ne croient à rien, je remarquerai qu’il ne peut s’agir que d’êtres qui n’ont pas “labouré” le problème, d’êtres qui vivent heures après heures comme des plantes ou des coques humaines, comme s’ils étaient privés d’âmes.

Il ne faut pas confondre ceux qui croient au néant et ceux qui sont en marge des religions mais qui souvent sont plus près de la divinité et de la réalité que certains fidèles, parce qu’ils collaborent avec elle par la science, par l’art, par des cérémonies, par une vie noble, etc., inspirés qu’ils sont, presque à leur insu, par une force intérieure.

Il y a aussi une quantité de personnes, dans les milieux de gauche en particulier, qui nient qu’il y ait quoi que ce soit après la mort parce qu’elles n’arrivent pas à trouver, aux multiples questions qu’elles se posent, une solution leur donnant satisfaction mais qui, cependant, constatant les inégalités et les souffrances humaines, se vouent à l’amélioration des conditions de vie et deviennent ainsi, inconsciemment, des collaborateurs de Dieu.

Les étiquettes importent peu dans ce grand travail de l’évolution. Tous les efforts leur seront comptés, en vertu de cette loi de Karma (Loi d'action et de réaction qui veut que tout acte, tout sentiment, toute émotion, toute pensée a sa répercussion, immédiate ou lointaine, proportionnée, sur son propre plan.) que je ne manque jamais de rappeler parce qu’elle est si vitale qu’on l’appelle souvent et simplement LA LOI, et le moment viendra pour eux où leur conscience sera prête à admettre une solution autre que le nihilisme.

Ils peuvent s’appeler athées: ils ne le sont que de nom et leur intuition les pousse à agir souvent mieux que les adhérents d’une ou l’autre religion. Ils ont surtout souvent plus de dynamisme.

Dans l’ensemble il y a deux classes d’êtres: ceux qui ont pensé à cette question et ceux qui subissent la vie sans consacrer beaucoup de temps à étudier son essence et les problèmes qu’elle pose. Parmi eux, il y en a très peu qui, réellement, en toute conscience, admettent le néant.

Celui qui a fait la recherche, sincèrement, profondément, avec une certaine persévérance et qui se trouve de ce fait prêt au suicide est toujours aidé. Au moment crucial, un être se trouve sur son chemin, un livre lui ouvre la voie, une conférence élargit son horizon, les étoiles lui montrent que le problème a des données plus larges que celles qu’il croyait, le soleil lui donne une vitalité qui l’étonne, une pierre soulève son émerveillement, une fleur l’ébahit par sa beauté, un enfant ou un petit animal lui donne une caresse qui l’émeut, un ami lui jette un regard ou brusquement il est détourné de ses préoccupations du moment et le miracle se produit: il est sauvé. Autrement dit et d’après moi, un suicide peut être le résultat du désespoir, d’une souffrance, d’une maladie, d’une folie momentanée, mais je ne crois pas qu’il puisse se produire après une recherche profonde du sens du monde et à cause de cette recherche, parce que je me refuse à imaginer que Dieu (quel que soit le nom et les attributs qu’on lui donne) ne réponde pas, directement ou indirectement par ses serviteurs, lorsqu’on l’appelle et qu’on lui demande la lumière.

Vivre avec l’idée du néant est une chose si affreuse que je ne pense pas qu'il y ait des gens normaux qui puissent sincèrement y croire ou qui puissent survivre à cette idée. Je pense aussi qu’aucune recherche de la Vérité n’est vaine.

Deuxième hypothèse:

Si j’écarte cette “solution” du néant et que je passe à la théorie, chrétienne en particulier, selon laquelle à la mort nous seront récompensés ou punis de nos actions, je constate que cette idée de récompense et de punition est proche de l’idée de Karma dont je parlais tout à l’heure.

Je dis “proche” mais pas identique parce que je crois que la réaction dans l’un ou l’autre sens se produit déjà avant la mort et surtout parce que cette réaction est une loi et qu’aucune loi n’a le caractère de bonté ou de méchanceté, de prétérition ou de favoritisme et, par conséquent, de punition ou de récompense. A ces attributs d’infiniment bon ou de vindicatif que l’on veut donner à la divinité et qui sont synonymes d’arbitraire, se substitue la qualité de justice absolue. A l’énoncé de ces mots, je sens ma conscience se développer et mon amour grandir pour l’Etre suprême mais en même temps je ressens une responsabilité accrue car cette justice ne peut que tenir compte de chaque geste, le plus minime, de chaque sentiment, de chaque émotion, de chaque pensée, fussent-ils fugitifs. Et alors, forcément, notre vie devient un jeu magnifique mais un jeu où nous devons être constamment sur nos gardes - nous n’y réussissons pas toujours, hélas - pour ne pas permettre même à une pensée fugace, de mettre des forces en marche.

Mais si j’admets une réaction, je n’admets pas qu’elle puisse être éternelle, puisque l’action elle meme ne l’est pas. Elle ne peut être que proportionnée. Mon intelligence ne peut se résoudre à croire à un enfer ou un feu éternel qui ne consumerait jamais mon âme. Comment celle-ci pourrait-elle souffrir si elle n’est pas brûlée, pas touchée par le feu. Comment cela se passe-t-il?

Et si je prends le cas de celui qui a eu une vie noble ou pieuse, je voudrais aussi que l’on m’explique en quoi peut consister son ciel. Une inactivité perpétuelle ou même prolongée équivaudrait pour beaucoup à un enfer. L’audition des hymnes célestes doit être merveilleuse pendant un temps limité, mais terriblement ennuyeuse (surtout pour des gens qui ne sont pas musiciens) si elle se perpétue.

J’ai beau réfléchir: je ne suis pas plus tenté par la place que des âmes généreuses et indulgentes pourraient m’offrir à la droite du Père que par celle que mes actes me réservent peut-être à la gauche du diable.

Et j’en viens à cette conception qu'il ne s’agit là que d’enseignements exotériques utiles à l’évolution de la masse dont le mental ne peut embrasser ce problème complexe et qui peut-être, à la réflexion, souffrirait plus q’elle n’en profiterait, à son stade (j’insiste) de connaître la vérité ou un peu plus de vérité.

Examinons la

Troisième hypothèse:

J’ignore ce qui se passe après la mort mais à tout hasard je me conduis aussi bien que je le puis.

Celui qui tient ce raisonnement n’est pas dépourvu de bon sens, d’esprit scientifique et d’honnêteté. Il est incontestable que le problème nous dépasse, que la solution que nous lui trouverons ou que nous croirons lui trouver, sera faite d’un pourcentage impressionnant de suppositions, d’un pourcentage assez grand de préjugés, d’un certain pourcentage d’erreurs et qu’en fin de compte, notre connaissance réelle, notre connaissance directe, scientifique ne sera-pas loin de zéro. A notre stade actuel. Et cependant, cette solution aura une grande valeur. Mais pas une valeur collective. Je ne pourrai pas vous l’imposer ni vous la démontrer et pour un savant appliquant en ce domaine les critères de la science elle sera sans fondement. Vous ne pourrez pas la transmettre de force. Il y manque précisément l’objectivité scientifique. Sa valeur résidera dans le fait que votre intuition fondée sur l’examen (objectif celui-là) de tous les phénomènes et de toutes les alternatives qui se présentent, vous dira: la preuve de la véracité, c’est en vous-même qu’il faut la trouver, elle est subjective - mais dans un sens positif - et elle représente la Vérité.

J’ai cette conviction profonde parce que je l’ai expérimentée, parce que je la sens en moi, parce qu’elle fait partie de moi-même et je cherche à l’exposer, non pas comme un article de foi pour vous mais comme une possibilité de solution qu’il vous appartient de cribler, de triturer, d’évaluer pour en faire VOTRE solution.

Les gens qui avouent leur impuissance mais qui travaillent cependant comme s’ils savaient, méritent toute notre sympathie et nous ne pouvons que souhaiter que cette force intérieure qui les fait travailler pour le bien de l’humanité, les engage aussi à continuer leur recherche de la solution, pour le plus grand bien de leur oeuvre.

Et maintenant, passons à la dernière “solution” qui est, vous le devinez, celle qui est pour moi la solution juste.

En vertu du principe “Il n’y a pas de religion plus haute que la Vérité”, qui m’est si cher, je serais prêt à l’abandonner si un jour j’en trouvais une meilleure.

Quatrième solution:

La mort est une naissance dans une autre vie, comme la naissance sur le plan physique est la mort sur un autre plan.

Oui, je suis partisan de la réincarnation parce que c’est la solution la plus logique si on l’étudie parallèlement au Karma et à l’évolution. Je ne prétends pas que même étudiée dans ces conditions cette théorie permette de résoudre tous les problèmes mais tout au moins elle fait tellement reculer les limites des questions, qu’elle nous donne l’espoir qu’au fur et à mesure que nous avancerons la lumière pénétrera totalement en nous.

Étant donné le but de cette brochure, nous ne pouvons traiter le problème que superficiellement (Voir la brochure: “Questions et réponses sur la réincarnation et le Karma” par G. TRIPET.) mais la littérature à ce sujet est assez ample pour qu’on puisse se documenter si on le désire réellement.

Je ne poserai donc que quelques jalons nécessaires à la compréhension de la mort.

Si, symboliquement, je représente l’intelligence dans toute sa splendeur, dans son Absolu, par un rectangle:

 

je constate qu’au début de la vie ou à un moment quelconque de celle-ci, la portion de ce rectangle qui est mienne est différente de celle qui est vôtre:

Moi  

  VOUS
Vous  
  MOI

                       

peu importe.

Si je prends n’importe quel domaine: biens matériels, biens spirituels, connaissances, physique, beauté, qualités, défauts, etc. je fais les mêmes constatations.

Donc, le point de départ est différent pour chacun et pour chacun est différent le point d’arrivée.

Je reprends ici une image à laquelle je tiens beaucoup: Vous ne pouvez pas commencer un tricot sans faire la première maille, écrire un mot sans tracer la premiere lettre, commencer une journée sans passer par la première seconde, jouer un morceau de musique sans jouer la première note. C’est M. de la Palisse qui parle.

Mais alors, pourquoi n’en serait-il pas de même pour la conscience? Pourquoi ne commencerait-elle pas par le point, par la première manifestation rudimentaire.

Si ma conscience est différente au départ de la vie c’est que j’ai acquis ce que je possède. Et comment pourrais-je l'avoir acquis sinon dans des vies précédentes, dans des corps différents, à des périodes différentes de l’histoire, dans des circonstances matérielles et physiques différentes, avec un entourage différent, dans des professions différentes, etc. Et tout s’est magnifiquement enchaîné, tout a eu une réaction. Ma vie présente est un complexe de réactions. Pendant qu’elle s’écoule, je continue à créer du Karma, à tisser ma vie future.

Si cette théorie vous paraît logique, elle vous apparaîtra éblouissante lorsque vous étudierez toute la question des différences entre individus et entre peuples.

Quant j’ai compris la première fois tout le système, je me suis demandé pourquoi le monde entier ne le connaissait pas. En mûrissant, je me suis aperçu une fois de plus que les Saints Etres qui dirigent le monde ont une sagesse incommensurable et que c’est sans doute bien que, pour le moment, cette conception de la réincarnation ne soit pas trop répandue, car si elle ouvre grandes les fenêtres sur l’avenir et sur le monde, elle pourrait, chez certains êtres qui n’auraient pas le dynamisme et le développement voulu, être un prétexte de s’attarder encore plus que jusqu’ici sur le chemin de la jouissance, du plaisir ou de la paresse.

Les dogmes, les superstitions, la crainte de la mort et les peines qu’on inflige lorsqu’on porte atteinte à la vie jouent aussi leur rôle bienfaisant jusqu’à un certain point de l’évolution. Lorsque le mental se développe, que les points d’interrogation se succèdent, que la vie devient impossible parce qu’on ne la comprend plus et qu’on réfléchit trop, alors tout le système “Réincarnation-Karma-Evolution” est une magnifique “révélation”.

Naissance et mort ne sont qu’à un échelon plus élevé la nuit et le jour, l’état de veille et le sommeil.

Lorsque nous nous couchons le soir, est-ce que nous nous lamentons? Est-ce que nous pleurons d’avoir terminé une journée? Est-ce que nous nous mettons en deuil? Ce serait ridicule. Peut-être qu’un jour nous constaterons que c’est la même chose au moment de la mort.

Lorsque l’enfant vient au monde, sa mère, son père, ses grands parents, les amis de la famille l’attendent avec joie et se préparent à lui faire fête.

Lorsque l’âme quitte le corps, de l’autre côté, l’âme d’un père, d’une mère, de grands parents et d’amis l’attendent aussi avec joie parce que, dans l’autre monde, il va continuer ses expériences, les-mûrir, assimiler ce qu’il a appris sur terre, jusqu’au jour où il aura en lui le besoin ardent de refaire de nouvelles expériences et de poursuivre son évolution.

Le fait que le point de départ, au début de la vie, est différent pour chacun de nous et que l’arrivée est aussi différente, explique que le début de la vie dans l’au-delà n’est pas et ne peut pas être uniforme: félicité ou damnation éternelles. Le début dans l’au-delà n’est que la suite de la vie présente. Lorsque je m’éveille le matin, après ma petite “mort” de quelques heures, j’ai conservé toutes mes qualités, hélas aussi tous mes défauts. Mon physique, mes muscles n’ont pas essentiellement changé; mon intelligence ne s’est pas enflée, mes émotions ne se sont pas rétrécies, mes connaissances ne se sont pas modifiées. Si j’ai appris à jouer de la clarinette avant de m’endormir, je ne me réveillerai pas en sachant jouer du violon! Et du reste, est-ce que réellement je désirerais être différent à mon réveil, être un autre individu, avoir d’autres désirs, d’autres amours, d’autres connaissances mentales? Je tiens trop à ma personnalité et cela parce que ce que je possède je l’ai acquis par des efforts prolongés, des luttes terribles, des expériences amères, des joies et des jouissances sublimes aussi. Tout cet aggloméré du passé est MOI et lorsque je meurs, je me retrouve de l’autre côté du voile avec ce MOI. Et je ne voudrais pas qu’il se fût transformé, contre ma volonté pour ainsi dire, brusquement, au passage du portail.

Pourquoi donc au moment de la mort deviendrais-je brusquement un maudit qui doit éternellement souffrir ou, au contraire, un saint qui devrait jouir éternellement d’une félicité béate?

C’est contraire à la logique. C’est contraire au bon sens et toute la création obéit au bon sens.

Lorsque nous mourons - des expériences nombreuses rapportées notamment dans le livre “La mort douce” de Georges Barbarin nous le prouvent - nous ne souffrons pas et nous nous retrouvons de l’autre côté, avec notre corps physique en moins, mais avec toutes les émotions, toutes nos pensées, de même que, durant la nuit, notre corps est pour ainsi dire mort et que nos émotions et nos pensées peuvent, par les rêves, continuer à se manifester.

Je vais faire une comparaison un peu naive, un peu profane. Nous sommes comme des ballons attachés au plan physique. Au moment de la mort, les amarres se brisent et le ballon s’en va dans les airs. Il est gonflé non pas avec du gaz mais avec tout notre Karma, avec toutes nos pensées, avec toutes nos émotions. S’il est mal gonflé, si nous avons eu une vie très matérielle, très dissolue, égoiste, “lourde” en un mot, le ballon n’ira pas très haut. Il se trouvera en compagnie d’autres ballons ayant exactement la même densité. Nous aurons à lutter là contre l'obscurité, contre les effluves de la terre, contre les tourmentes atmosphériques. Ce sera un peu notre enfer. Si, au contraire, notre vie a été plus noble, plus utile, plus altruiste, alors nous monterons plus haut et plus rapidement et serons en compagnie d’êtres du même niveau que nous. Nous passerons rapidement par notre purgatoire, constitué par les couches les plus basses de l’atmosphère pour aller dans notre ciel.

Lorsque les différents ballons auront assimilé, épuisé, leur Karma, bon ou mauvais, ils auront la tendance à revenir sur terre comme sur des ballons qui se dégonflent et, finalement, ils retrouveront leurs amarres.

Cette image montre la continuité absolue entre la vie et la mort, entre la mort et la vie. Elle est le symbole de la justice absolue aussi, puisque c’est nous-mêmes qui, en grande partie, en sommes les agents.

Lorsqu’on est persuadé que le ballon s’en va vers le soleil, vers une atmosphère plus pure, vers une sorte de délivrance, on n’est plus tenté de pleurer. Mais il est évident que si nous nous lamentons, celui qui se trouve dans la nacelle est inquiet, triste. Il aimerait pouvoir nous expliquer et, au lieu de manoeuvrer pour passer rapidement par les zones dangereuses et mauvaises, il a la tendance à retenir le ballon aussi bas que possible pour nous voir aussi longtemps que possible.

Par notre attitude, nous l’empêchons de progresser et par la-même, nous lui faisons involontairement beaucoup de mal. C’est pourquoi le départ d’un être cher devrait toujours se faire dans le calme, dans la prière peut-être, dans la musique, et, sinon dans la joie, tout au moins dans la sérénité

Pendant un certain temps, l’être disparu a certaines possibilités de nous approcher, mais il a son travail à exécuter et il doit poursuivre son évolution, de même que nous nous occupons de la nôtre.

L’homme est créé à l’image de Dieu. Cette parole des écritures devrait nous aider à comprendre. Les pauvres êtres que nous sommes donnent une piètre idée de Dieu et du Créateur mais si nous envisageons la réincarnation, le long et dur travail de façonnage de notre conscience, au cours de nombreuses vies, nous voyons que cette phrase traduit une glorieuse réalité, et que possibilité nous est donnée de développer toujours plus notre divinité.

L’expérience nous apprend aussi que rien ne peut naître de rien et qu’il faut une semence à tout. Cette semence divine a été mise en nous et au cours d’un long périple, nous la développons, comme la graine se développe dans la terre.

Pour moi, la vie et la mort sont vraiment des soeurs jumelles. Je ne puis pas plus en faire deux choses distinctes que je ne pourrais séparer l’envers et l’avers d’une médaille.

Vous me pardonnerez donc si je vous parle autant de la naissance que de la mort puisque pour moi c’est la même chose suivant le côté de la barricade où je suis.

La naissance du corps physique

Je ne connais rien de plus merveilleux, de plus sublime que la création du corps humain. Malheureusement la splendeur et l’étrangeté de toute chose semblent disparaître ou ne plus nous frapper dès l’instant où nous en sommes les témoins journaliers.

Remercions la science, et en l’occurrence Jean Rostand, d’avoir étudié le phénomène de la naissance et de nous permettre de le prendre comme point de départ non contesté, pour arriver par déduction et effort mental, aux conceptions des occultistes concernant la naissance et le développement des corps subtils.

Par un acte que d’aucuns qualifient de purement physique mais qui, en fait, est également émotionnel, mental et, chez les êtres hautement évolués, spirituel, deux cellules, l’une femelle, l’autre mâle, se rencontrent et créent un humain.

Examinons ces deux cellules.

Déjà avant que la fillette naisse, il existe dans les ovaires des pré-ovules, c’est-à-dire des cellules qui forment, à partir de la nubilité, les ovules dont un, chaque 28 jours chez l’humain, chaque 7, 10 ou 21 jours chez d’autres êtres, entreprend dans le corps de la femelle un voyage avec l’espoir d’être fécondé.

L’ovule a environ une trentaine de microns, c’est-à-dire 30 millièmes de mm.

Lorsqu’il aura entrepris sa course et qu’il sera fécondé, il se développera considérablement mais ne sera encore que de 2/10 de mm.

Soit dit en passant, la grandeur de cet ovule ne semble avoir aucun rapport avec le corps physique qui naîtra de lui. C’est ainsi que l’ovule d’un canard est des millions dé fois plus gros que celui de la femme. L’ovule de celle-ci n’est pas plus grand que celui d’une souris; il n’est pas plus petit que celui d’une baleine.

Nous ne donnons pas ces indications par amour du pittoresque mais parce qu’elles sont une présomption de preuve que, sur un schéma général (la reproduction par fécondation d’un oeuf), il a été créé tout au long de l’histoire des familles (la famille humaine en particulier) d’après des archétypes bien distincts et qu'ainsi l’homme n’est pas un descendant, physiquement parlant, d’un animal.

L’ovule est le grenier où s’alimenteront les premières cellules. Par nature il est tranquille, suit une route bien déterminée, aura un mouvement très lent, ordonné, une attitude d’attente.

La cellule mâle est environ 5 fois plus petite que l’ovule, c'est-à-dire 5 à 6 millièmes de mm. chez l’homme. Celui du lézard est beaucoup plus volumineux. Celui du rat et de l’éléphant ont à peu près la même grandeur.

Il a la forme un peu d’un lézard. Il est composé d’une tête que l’on a appelé le perforateur et qui est le noyau de la cellule, d’un petit corps et d’un appareil moteur.

Nos deux cellules possèdent exactement les éléments chimiques dont le corps aura besoin: oxygène, hydrogène, carbone, azote, phosphore, soufre, chlore, fer, sodium, potassium, calcium, magnésium, etc.

Tout cela d’après les matérialistes par pur hasard, sans plan, sans aide, sans guide, tout comme c’est le hasard qui fait que l’ovule et le spermatozoide ont des caractéristiques tout à fait différentes:

L’un, l’ovule est gros et stable. Il est unique pour une période d’un mois. L’autre, le spermatozoide, est petit et agile. Il n’est jamais seul mais au nombre de 70.000 par mm3. Il a un appareil de locomotion rapide. Il parcourt 3 mm par minute. La cavité du procréateur femme est grande et, en moyenne, ce sont 200 millions de spermatozoides qui vont à la recherche de l’ovule. Sur ce nombre, il y en a un qui sera en avance sur les autres de quelques millièmes de mm, et celui-là sera l’élu. Il pénétrera dans la cellule femelle, perdra immédiatement son organe moteur, apportera ses caractéristiques propres. Quelques secondes ou un dixième de secondes suffiront pour que l’ovule devienne impénétrable. Les autres spermatozoides pourront essayer d’entrer dans l’ovule mais en vain. Ils dégénéreront et disparaîtront.

Le temps pendant lequel l’ovule pourra être fécondé est de 2 à 3 heures, pense-t-on, alors que le spermatozoides pourra attendre jusqu’à 7 jours qu’un ovule soit à sa portée.

La science donne beaucoup d’explications sur ces prétendus hasards ou réactions chimiques. Elle est un peu comme quelqu’un qui s’obstinerait à expliquer la marche d’un ascenseur en disant qu’il suffit de presser sur un bouton pour que l’appareil monte ou descende sans vouloir admettre qu’il a fallu un plan et un créateur pour imaginer et construire la machine.

Elle ne s’étonne pas, par exemple, que l’ovule soit mangé par le tissu où il s’est accroché lorsqu’il n’est pas fécondé et qu’au contraire il soit nourri par ce même tissu lorsqu’il est fécondé, comme si ce tissu avait une intelligence.

Lorsque l’ovule est fécondé, il devient vivace et consomme dix fois plus d’oxygène; il élève sa température, solidifie son écorce.

Dans le noyau de la cellule se trouvent les chromosomes plus ou moins nombreux suivant l’espèce. En ce qui concerne l’humain, on n’a pas découvert de différences entre ceux qui viennent d’une cellule mâle et ceux qui viennent d’une cellule femelle. La cellule humaine a 48 chromosomes (24 de l’ovule et 24 du spermatozoide), ce qui fait que, scientifiquement, au point de vue physique, l’enfant qui va naître est bien 50% le produit du père et 50% le produit initial de la mère.

La cellule primitive se divise 7 fois et à la septième fois commence la différenciation. Certaines des nouvelles cellules formeront les globules blancs du sang, d’autres les globules rouges, d’autres les cellules glandulaires, d’autres les muscles, les os, les nerfs, etc.

J’aimerais pouvoir vous transmettre toute l’admiration, tout l’enthousiasme que je ressens en vous exposant ces merveilles. Je ne vous donne, bien entendu, que quelques explications primaires mais le reste du processus est tout simplement merveilleux.

Pourquoi tout cela?

Et c’est ici que le spiritualiste vient compléter les données de la science. Le corps physique, si merveilleux soit-il, n’est qu’un véhicule destiné à disparaître mais indispensable à l’homme pour faire ses expériences.

En faisant appel à notre intelligence et à notre raisonnement, nous pouvons admettre qu’il existe des corps subtils pour l’émotion et la pensée.

Lorsque l’homme pendant une longue période a assimilé les expériences de sa réincarnation précédente et qu’il manifeste le désir de revenir sur terre, une véritable naissance se produit sur le plan mental. La semence mentale, (l’atome permanent mental) se développe tout comme le corps physique s’est développé. Puis, une seconde opération lente et précise a lieu sur le plan des émotions, grâce à l’atome permanent astral. Puis vient la création physique. Ces quelques mots vous font comprendre que la fécondation physique n’est donc pas le début du nouvel être mais que bien avant, dans les mondes subtils, sa naissance a été préparée.

J’ai essayé de vous montrer combien la création du corps était une oeuvre d’art, de patience, de précision. Elle ne se fait pas toute seule et, avant la conception, des êtres de l’autre monde, des anges comme les églises les appellent, sont chargés de ce travail et de l’adaptation du corps des émotions et du corps mental aux besoins de l’Ego qui se réincarne. D’autres se consacrent à la formation du corps physique.

Geoffrey Hodgson, un ami clairvoyant, nous donne à cet égard, des renseignements fort intéressants, dans son livre “Le miracle de la naissance”!

Il explique, par exemple, comment au 4ème mois la mère transmet sa force vitale de son plexus solaire à celui de l’enfant.

Il explique aussi que sur le plan éthérique (l’ectoplasme des spirites) et sur le plan astral on peut entendre un son dont le but est d’harmoniser tout le travail d’harmoniser toutes les forces et, également, de construire le corps. Si vous lisez la Genèse, vous constaterez qu’il y est dit: Au commencement était le Verbe. Qu’est-ce que le Verbe sinon le Son, la parole et c’est par la magie du son que l’être est en partie construit.

Une heure 1/2 environ avant la naissance de l’enfant, les anges constructeurs ont terminé leur travail et s’éloignent de la mère mais, comme le moment crucial approche, alors c’est cet être extraordinaire que l’Église catholique appelle la Vierge Marie, qu’on appelle parfois la Mère du monde, qui est aussi la Mère de Krishna, qui entre en action, donne son calme, sa force, son amour, cela jusqu’à ce que l’accouchement soit terminé.

La mère à ce moment-là souffre, crie parfois et a son aura (ses corps mental et astral) passablement bouleversé. Elle fait un sacrifice. Elle fait le don de son fruit. C’est un sacrifice douloureux et merveilleux tout à la fois.

Cet être magnifique qui l’assiste protège alors le nouveau né ainsi que son aura qui est d’une finesse extraordinaire et qui est vierge de toute émotion forte, de telle manière que les vibrations de la mère n’influent pas sur lui.

Sur les plans intérieurs, toute la chambre est baignée d’une atmosphère de sainteté et de paix.

Il y a d’autres détails très intéressants mais ce qui importe surtout c’est de bien réaliser la complexité de la naissance et l’impossibilité absolue qu’elle se fasse sans aide, sans une aide constante, par hasard, machinalement.

Lorsque ce passage, cette naissance sur le plan physique mais cette mort sur les plans subtils, est accompli, l’Ego fait une répétition de ses vies passées, puis suit le chemin que son Karma lui a tracé, comme au moment de la mort.

Si extraordinaire que cela paraisse, c’est à la naissance que l’homme commence de mourir et c’est entre 10 et 30 ans, nous apprend Lecomte du Noüy, que les tissus vieillissent le plus. La mortalité augmente à partir de 13 ans. L’organisme continue de se faire, alors même qu’il est en chemin de se défaire. Le perfectionnement se mêle à la déchéance. Peu à peu nous avançons vers ce que nous appelons la mort et je n’ai pas besoin de vous parler de ce pèlerinage.

A la mort, le même processus, en sens inverse se produit. L’Ego abandonne son corps physique, passe dans le, monde astral, y fait les assimilations nécessaires abandonne son corps astral, puis, après avoir assimilé ses expériences mentales, abandonne à son tour son corps mental et jouit d’une grande félicité, conforme à celle qu’il imagine sur terre et qui sera différente selon les individus, selon surtout les semences qu’il aura apportées avec lui, car le ciel n’est pas un monde de causes mais un monde d’effets.

Enfin, après un repos bien gagné, l’Ego est repris par la soif de la Naissance et recommence le processus. Il est dans la majorité des cas, plus grand, meilleur, que dans la vie précédente.

Mon exposé comprend 2 séries d’affirmations bien distinctes: 1) ce que la science a découvert; 2) ce que les occultistes affirment. En ce qui concerne ces dernières affirmations, notre devoir est de les examiner et de mettre en action notre intelligence, notre raisonnement, notre intuition. Il ne s’agit pas de les accepter parce qu’un autre ou moi-même déclare que c’est ainsi mais éventuellement par ce qu’ils nous paraissent logiques.

De même qu’un aveugle ne pourra jamais se rendre compte des choses les plus élémentaires de notre physique, de meme nous avons de la peine à nous rendre compte de la vie après la mort et toutes nos définitions seront maladroites. Mais ce que nous devons nous souvenir c’est de la continuité de la conscience. Notre enfer consistera dans le fait que nous ne pourrons pas assouvir en astral nos besoins matériels. Pour un buveur, par exemple, l’expérience sera très dure puisque le désir de boire subsistera alors que le moyen d’assouvir ce désir aura disparu. Et il faudra une longue période pour assimiler l’expérience. On dirait que le créateur, dans sa grande Sagesse, veut nous apprendre, en nous ôtant le physique, certaines leçons que nous nous abstenons à ne pas comprendre ici-bas.

Et maintenant, tirons quelques conclusions:

Puisque cette vie n’est qu’un chapitre d’une vie beaucoup plus vaste, organisons-nous de telle manière que chaque âge, enfance, jeunesse, âge adulte ou vieillesse, soit réellement utile, profitable et que tous les stades de la vie nous apparaissent lumineux. Ainsi, le jour même de notre “mort” nous aurons encore le désir de connaître, d’aimer, de nous épanouir, de donner. Souhaitons aussi qu’à ce moment-là nous soyons entourés de gens comprenant la valeur de la vie et de la mort et qui nous aideront à récapituler notre vie et à passer calmement dans la lumière.

Tournaire a dit: “Il faut avoir un beau courage et une belle confiance pour s’enfoncer dans le mystère de la vie.” Excusez-moi d’avoir eu ce courage et celui aussi de m’enfoncer dans le mystère de la mort. Pardonnez-moi enfin mes insuffisances.

 


Haut de cette page
Portail suisse


Une présentation de la
Société Théosophique de Suisse
17, rue Ferdinand-Hodler,
CH 1207 Genève, Suisse
Téléphone   022 - 736.66.11
Courriel: info@theosophiquesuisse.org

La secrétaire de la Société Théosophique de Suisse est:
Mme. Eliane Gaillard,
17 Chemin de la côte, CH 1282, Dardagny, Suisse
pour information:
courriel: secretaire@theosophiquesuisse.org